La guerre d'Algérie

 

 

Lancée en 1830, la conquête de l'Algérie sera suivie de la colonisation suite à une ordonnance royale du 4 décembre 1846.

Le fossé entre la population musulmane et les pieds-noirs n'a cessé de grandir depuis 1834.

La guerre d'Algérie a son origine en 1954 avec les premiers attentats du Front de Libération National (FLN).

A cette date, seuls stationnent en Algérie le D.C.R.E. et le 1er R.E., deux unités administratives et d'instruction. Les autres unités entament un retour d'Indochine.

En ce début de conflit, des méthodes sont testées pour accroître la pacification : les section administrative spéciales (SAS) qui consistent en des officiers vivants seuls des les villages pour renforcer l'autorité des djemmas (conseils traditionnels) et tenter de neutraliser ainsi l'intimidation du FLN ; les regroupements de population dans des villages situés en zone pacifiée sous surveillance d'unités sédentaires permettant de diminuer les soutiens au FLN, les troupes mobiles pouvant se consacrer à la traque des fellaghas dans le bled.

Cette dernière est très dure et surtout très cruelle, des deux côtés, avec pour les fellaghas des massacres de civils (gorges tranchées au couteau, …) et du côté de l'armée, compte tenu de la suspicion qui règne, des massacres de villages, des tueries de groupes qui protègent des fellaghas,… Il faut encore souligner que la cruauté est d'égal niveau d'un côté comme de l'autre et, dans l'armée, dans toutes les unités. La Légion n'en a pas le monopole.

En janvier 1957, la 10ème D.P. du général MASSU est appelée à rétablir l'ordre dans Alger. Le cœur de celle-ci, la Casbah, sera le bastion du FLN. Les paras de la Légion, des 10ème et 25ème D.P. sont choisis pour les grosses opérations en tant que troupes de choc. Ils deviennent par conséquent le symbole de la force et de la violence. Ils jouent un rôle de police qui n'est normalement pas dévolue à l'armée.

L'été 57 voit une escalade de la violence dans Alger : attentats aveugles et assassinats de fonctionnaires, … par le FLN qui s'ensuivent de représailles par les extrémistes pieds-noirs. La torture s'installe chez les militaires pour obtenir des renseignements rapides.

La défaite du FLN à Alger provoque des tensions parmi ses leaders, celle-ci s'avéreront qu'apparentes. Ceux-ci décident d'abandonner le terrorisme urbain et de chercher la victoire sur un autre terrain.

La bataille d'Alger voit les paras sortir vainqueurs mais il y a une ombre au tableau : les tortures attirent l'attention de la presse internationale et tend à discréditer la cause de l'Algérie française. La torture a pourtant été formellement interdite en 1949 et 1955 par les gouverneurs généraux.

La terreur de la torture et la brutalité de l'armée a un effet certain : les Arabes se réunissent derrière une cause commune, le nationalisme.

Beaucoup de critiques émanent des milieux intellectuels et politiques de gauche en métropole (certains demandent la dissolution de la Légion !) mais aussi de militaires en Algérie.

Ces critiques sont pour la plupart faites sans connaissance du terrain, d'autres sont plus réfléchies, compréhensives vis à vis des réactions brutales des militaires, mais rappellent qu'un sentiment d'humanité" doit être sauvegardé.

Les observateurs lointains, tranquilles dans leurs villes calmes de métropole, ont dit et écrit que la guerre opposait militaires et pieds-noirs aux musulmans. Sur le terrain, elle opposait en réalité Français (militaires, pieds-noirs, musulmans voulant rester sous l'égide de la France comme ils l'ont exprimé lors du référendum) aux musulmans voulant l'indépendance (une minorité !).

Le fossé se creuse entre les paras très engagés et le gouvernement poussé par une opinion de plus en plus défavorable à la guerre.

Le FLN, ayant perdu Alger, transporte la guerre à la frontière algéro-tunisienne. Les militaires français ont le dessus. Leurs succès sont entachés par un raid non autorisé en Tunisie qui déclenche des critiques internationales.

Le 13 mai 1958, les pieds-noirs déclenchent des grèves suivies de révoltes. Ces problèmes concourent au retour du général de Gaulle.

Le général Challe remplace le général Salan. Il lance un plan comprenant une offensive contre le FLN puis, une fois vainqueur, des reconstruction (routes, écoles, …).

Le FLN reste latent. De Gaulle, qui ressent cette instabilité, penche pour un arrangement politique.

L'armée commence à entrevoir une "deuxième Indochine". Le FLN relance le terrorisme.

Le 16 septembre 1959, de Gaulle promet l'autodétermination.

Les militaires se sentent trahis et le disent. Des mutations tombent.

Les pieds-noirs descendent dans Alger le 24 janvier 1960. Challe rapatrie, sur ordre, les REP pour aider à chasser les manifestants mais les paras restent neutres.

Les négociations de de Gaulle irritent les militaires qui se sentent de plus en plus trahis, surtout la Légion pour qui la fin de l'Algérie pourrait signifier la fin de la Légion.

La tension monte. Les militaires ne veulent pas perdre l'Algérie. Ils préparent une action. Réunis le 20 avril 1961, les conjurés lancent l'offensive le 22 au matin, s'appuyant principalement sur les paras.

Ils sont moins suivis que ce qu'ils espéraient … le doute s'installe.

Les discours de de Gaulle et de Debré appellent à "s'opposer à l'invasion de parachutistes de la Légion". Le colonel Brothier, à la tête du 1er R.E., opte pour la légalité suivi par la plupart des unités (des mouvements de révolte existent au 1er R.E.C. et au 2ème R.E.P.).

Le 25, les insurgés jettent l'éponge et disparaissent.

Le 1er R.E.P. est ramené dans ses quartiers à Zeralda par Hélie de Saint-Marc.

Le 26, le ministre de la guerre prononce la dissolution du 1er R.E.P. devant son chef (le lieutenant-colonel Guiraud) et des 14ème et 18ème R.C.P.

S'ensuivent des remplacements d'officiers pour reprendre les choses en main ; les procès de Challe, Zeller, Saint-Marc, Lecomte et Masselot ; l'exode des pieds-noirs pendant l'été 1962 ; l'arrivée des forces du FLN avec les massacres perpétrés contre les harkis et les sympathisants pro-français dont des dizaines de milliers seront tués par le FLN.

Les craintes de certains quant à la fin de la Légion étrangère ont failli se concrétiser en ce mois d'avril 1961. Il aura fallu une intervention de Pierre MESSMER et du Général OLIE pour que la Légion ne disparaisse pas.

Pour la Légion qui va survivre, il faut traverser cette crise. Elle est rassurée sur son avenir quand l'inspecteur de la Légion déclare devant le 2ème R.E.P. que le corps doit diversifier ses capacités et redorer son image dans le public pour être une troupe d'élite apte à toutes les missions.

  

 

Le maréchal LYAUTEY a écrit :

"Ces immenses domaines d'Outre-Mer ont besoin d'hommes - de cerveaux, de cœurs et d'énergie - pour les mettre en valeur.

La tâche n'offre pas que des profits.

Elle exige du dévouement, de l'abnégation, de l'esprit de sacrifice."

Atlas colonial français - 1931

 

Poême pied-noir

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