La Guerre d'Indochine
Depuis la conquête du Tonkin en 1883, la Légion étrangère y est implantée et joue un rôle clé, surtout sur la frontière avec la Chine.
En 1946, Vo Nguyen Giap (général Giap) décrit sa politique pour lutter contre l'envahisseur dans un document connu des français. Sa politique s'articule autour de trois grands axes :En 1952, sont présents en Indochine : 4 régiments d'infanterie, 1 régiment de Cavalerie, les 2 bataillons de parachutistes et 3 unités de Génie, matériel et transport avec environ 20000 hommes au total.
Les rebelles indochinois qui n'étaient qu'une troupe hétéroclite, sont renforcée en 1951 par la Chine rouge et s'organisent de manière très sérieuse.
En 1946, débarquent en Indochine le 2ème R.E.I. (formé avant départ en tant que RMLE/EO), la "13" et le 3ème R.E.I.
La Légion est principalement chargée de nettoyer et d'occuper les grands centres et les axes routiers, découvrant la vie austère des postes isolés, …
Le 14 septembre 1946, la France signe un cessez-le-feu avec Hô Chi Minh. Il sera vite rompu. Les Vietminh attaquent les garnisons du Tonkin. Des éléments des 2ème et 3ème R.E.I. sont envoyés en renfort pour reprendre Hanoï, Haiphong et Haiduong.
La "13" quant à elle, intervient en Cochinchine.
En janvier 1947, arrive en renfort le 1er R.E.C. au centre Annam, suivi du 3/13 pour dégager Hué et Touranne.
Une opération d'envergure est lancée en 1947 pour réduire les Vietminh au nord du Tonkin. Celle-ci manquera d'efficacité faute de moyens.
La lutte s'accentue, les combats sont de plus en plus violents.
Le 1er mars 1948, mort du lieutenant-colonel de Sairigné, chef de corps de la "13".
Côté français, un atout se présente avec le développement des unités para. A la Légion, la première unité est créée en avril 1948 au 3ème R.E.I. (3/3 R.E.I. qui sera le noyau du 1er Bataillon étranger de parachutistes - 1er B.E.P.).
En février 1949, le 2ème B.E.P. arrive dans le sud de l'Indochine.
Les Vietminhs se renforcent et s'allient aux Chinois. Leurs unités vont en Chine s'entraîner.
Le gros des combats se déroule au Tonkin mais dans le sud les combats prennent de l'ampleur.
Le 5ème R.E.I. (LE régiment du Tonkin) arrive en renfort à l'ouest d'Hanoï.
En cette année 1950, la RC4 devient un coupe-gorge. Il est donc envisagé d'évacuer les postes de la RC4 mais la décision traîne.
La sécurité d la RC4 est confiée depuis quelques mois au 3ème R.E.I. sous les ordres du LCL Charton.
L'ordre d'évacuer Caobang pour Dong-Khé est donné. Une colonne se prépare. Dans le même temps, Dong-Khé, défendu par la 2/3ème R.E.I., est attaqué par les Viets et cède après 2 jours.
Une colonne incluant le 1er B.E.P. (au ordres du CDT Segrétain) part alors de That-Khé sous les ordres de Lepage avec pour but de reprendre et tenir Dong-Khé jusqu'au passage de la colonne du LCL Charton.
La colonne Lepage, malgré l'anéantissement du 1er B.E.P., se casse les dents près de Dong-Khé et est encerclée.
La jonction des deux colonnes se fait sous le feu. Le replit continue.
Le 7 octobre 1950, le 3/3ème R.E.I., aux ordres du CDT Forget, est anéanti à son tour sur l'arrière.
Après être passés d'embuscade en embuscade, les rescapés arrivent enfin à Langson.
En décembre, la France envoie le général de Lattre pour reprendre les choses en main.
Des bataillons de supplétifs sont créés, dégageant ainsi des éléments des régiments étranger, entre autre.
Le 1er R.E.C., dont la zone d'action s'étend sur la Cochinchine, le Centre Annam, le Tonkin et le Laos, fait la preuve de sa grande efficacité.
Les unités de la Légion sont utilisées de manière très mobile.
Après avoir repoussé différentes attaques pendant 10 mois, de Lattre passe à l'offensive en novembre. Hao-Binh est occupé par le 1er B.E.P. renforcé et rejoint par les 2ème, 3ème et 5ème R.E.I., la "13" et le 2ème B.E.P.
Sous la pression, l'évacuation d'Hao-Binh est décidée. A l'arrière, la 12/13ème D.B.L.E. est décimée.
Les Viets, en grand nombre, redeviennent maître du Delta. Dans les combats, le 2ème B.E.P. perdra son chef de corps, le CDT Raffali, le 10 septembre 1952.
Plus au sud, la"13", le 2ème R.E.I. et surtout le 1er R.E.C. font un travail énorme et, à l'instar des événements du Tonkin, résistent de manière admirable face à l'ennemi en nombre. Le courage des légionnaires et leur sacrifice font des miracles.
A la mi 53, la défense du Delta est organisée. Les attaques incessantes d'un ennemi nombreux font faiblir les forces du Delta.
L'opération de Dien-Bien-Phu est lancée en novembre. Dans cette cuvette, la Légion est présente par : 2 bataillons de la "13", 1 bataillon du 2ème R.E.I., 1 du 3ème R.E.I., les 2 B.E.P., 2 compagnies de mortiers, 1 de réparation, le Génie-Légion, rejoints ensuite par des volontaires du 5ème R.E.I. et du 3ème R.E.I.
La défense s'organise sous les attaques de l'ennemi. Des postes avancés sont installés.
Le premier à tomber était défendu par le 3/13ème D.B.L.E., le 13 mars 1954. Malgré plusieurs assauts refoulés, le 3/13 est décimés et le LCL Gaucher (chef de corps de la "13") meurt.
Les postes tombent les uns après les autres. Le dernier à tomber est tenu par le 3/3ème R.E.I. Malgré une ténacité incroyable, le poste cède le 8 mai 1954.
La fin de l'aventure Indochinoise est proche. Dien-Bien-Phu tombe à son tour. Du 13 mars au 8 mai, la Légion dénombre 318 tués, 738 disparus et 2322 blessés.
Les unités se regroupent. C'est le départ pour l'Afrique du nord à partir de novembre 1954 … la Légion ne restera pas inactive longtemps, d'autres événements ont commencé!
Le dernier élément de Légion à quitter l'Indochine est le régiment du Tonkin (5ème R.E.I.) le 12 mars 1956.