La Légion étrangère en Indochine

Depuis le 18ème siècle, sous Louis XVI pour être précis, la France et l'empire d'Annam, occupant alors l'Indochine orientale, avaient des relations. Plus tard, celles-ci furent brisées par l'empereur Tu-Duc qui persécuta les chrétiens. En 1858, à la suite du massacre de religieux, Napoléon III envoie une expédition qui s'empare de la Cochinchine.

Le Cambodge se place sous protectorat français en 1963.

Le Tonkin, quant à lui, est soumis à l'empereur du Annam. En 1873, une expédition française y est massacrée par les Pavillons Noirs. Même chose en 1883.

Cette même année, la France décide d'employer les grands moyens. Un flotte est envoyée pour conquérir l'Annam, elle est placée sous le commandement de l'amiral COURBET. La Légion fait partie de ce corps expéditionnaire avec son 1er Bataillon, commandant Donnier.

Le 20 août 1883, Hué, capitale du Annam, est conquise. Le 25 août 1883, un traité est signé entre Annam et France. Le corps expéditionnaire se dirige alors vers le Tonkin. Objectif : faire tomber la forteresse de Sontay (45 km NO d'Hanoï) où les Pavillons Noirs sont. Lors de l'attaque de Sontay, le légionnaire MINNAËRT plante sur la plus haute tour de la place un drapeau français et fait des lambeaux de trois pavillons ennemis. Sontay est occupé par les français le 17 décembre 1883.

La Légion est intégrée à la brigade dirigée par le général de Négrier. Ce dernier connaît bien la Légion et l'utilise.

Des renforts arrivent de France. Parmi eux, le 2ème Bataillon de la Légion qui débarque en février 1884. La colonne de Négrier se dirige vers Bac-Minh à 20 km à l'est de Hanoï.

En cette année 1884, le général de Négrier lancera :"Légionnaires, vous êtes soldats pour mourir. Je vous envoie là où l'on meurt !"

Après plusieurs victoires, la Chine reconnaît à la France le protectorat sur le Tonkin et l'Annam. Le traité signé sera violé les 23 et 24 juin 1884.

La contre-attaque à cette violation est mené par l'amiral Courbet et aboutit au siège de Formose. La Légion y participe avec le 4ème bataillon arrivé le 3 janvier 1885.

De bataille en bataille, l'armistice arrive. Le traité définitif reconnaissant à la France le protectorat sur le Tonkin et l'Annam est signé avec la Chine le 11 juin 1885.

Pendant les événements de Formose, de Négrier n'a pas chômé. Sa colonne a pris Bac-Minh, a continué vers l'ouest où il installe 2 compagnies dans Tuyen-Quang le 1er juin 1884.

Quelques mois plus tard, le 23 novembre 1884, cette unité sera relevée par une autre commandée par le commandant Dominé. Il aura sous ses ordres : 2 compagnies de Légion (la 1ère du CNE Moulinay et la 2ème du CNE de Borelli), 1 Cie de tirailleurs tonkinois, 1 section d'artillerie et 1 escouade du génie, 3 infirmiers et 3 administratifs et l'équipage d'une canonnière. L'état de la citadelle à défendre est inquiétant. Dominé lance très vite les travaux de fortification, spécialité de la Légion.

La présence d'un ennemi en nombre est confirmée par des reconnaissances et des prisonniers. Dominé fait construire un blockhaus à 300 m de la citadelle. L'ennemi grossit ses rangs.

Début 1885, l'ennemi est estimé à 5000 chinois et 2000 Pavillons noirs et les chinois harcèlent Tuyen-Quang de loin. Le 25 janvier, l'ennemi est en vue. Le lendemain, c'est la première attaque en règle. Les Chinois échouent et ont de grosses pertes. L'ennemi creuse des tranchées qui s'approchent de la citadelle. Le 30 janvier le blockhaus est évacué.

Le 3 février 1885, le drapeau devant être brûlé à Sidi-Bel-Abbès en 1962 est subtilisé aux Pavillons noirs.

Le 12 février, l'ennemi ayant creusé des galeries, attaque par l'une d'elle. L'assaut est rejeté. Même scénario le 13.

 La pression des Chinois augment de jour en jour. Le 22 février, deux explosions suivies d'une attaque se solde par 12 morts côté Légion et des pertes sévères côté Chinois.

Le 24 février, c'est un assaut massif que lancent les Chinois. Ces derniers, à partir de ce jour, ne laissent aucun répit à la garnison et la harcèlent jour et nuit.

Un espoir naît le 28 février 1885 quand on aperçoit au loin les fusées lancées par la colonne de secours … plus que quelques heures à tenir.

Le 3 mars 1885, lors des derniers accrochages, le légionnaire Tiebald Streibler se jeta devant de Borelli, le sauvant ainsi d'une mort certaine. Le capitaine lui dédia, ainsi qu'à tous ses camarades morts sur la champ de bataille, un des plus beaux poèmes écrits à la gloire de la Légion et/ou des légionnaires.

Ce même jour, quelques heures plus tard, c'est la délivrance. La colonne de secours arrive à Tuyen-Quang : les Chinois ont décampé.

Le siège de Tuyen-Quang aura duré du 24 novembre 1884 au 3 mars 1885, faisant 32 tués et 126 blessés sur environ 600 défenseurs.

Dans le même temps, Négrier est entré à Langson. Le 28 mars, une déferlante de Chinois attaque les Français. Négrier blessé passe le commandement à un lieutenant-colonel qui, se croyant bientôt encerclé, ordonne la retraite. Cette retraite précipité et exagérément accélérée se transforme en débâcle. La Légion se retire en ordre de Ki-Luan où elle était en avant poste.

Tuyen-Quang sauvant l'honneur, un traité est signé confirmant le premier et, par là même, la souveraineté de la France sur le Tonkin et l'Annam.

La traque aux Pavillons Noirs continue et la Légion y participe très activement jusqu'en 1914. En 1907, une partie de la Légion est rapatriée. Ne restent que 3 bataillons formant corps.

Deux hommes seront très impressionnés par les qualités de la Légion : le colonel Gallieni et le commandant Lyautey.

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