La grenade.
"Sphère de métal creuse remplie de poudre fine, munie d'une amorce contenant une composition fusante allumée à la main" : c'est la définition donnée de la grenade dans "Histoire universelle des armées" vers 1650.
Cette petite bombe était lancée à l'aide d'une fronde et plus souvent à bras. Ce qui imposait aux grenadiers le port du bonnet, car les ailes des chapeaux de l'époque les auraient gênés. Combattant au plus près de l'ennemi, les grenadiers étaient considérés comme soldats d'élite, ce qui leur conférait "moustaches et flots de rubans sur l'épaule et sur le bonnet", en attendant les épaulettes et les plumets rouges qui devaient les distinguer au siècle suivant.
En ce qui concerne la grenade de la Légion, la prescription des uniformes la mentionne pour le première fois sur le képi des légionnaires le 15 mars 1879.
Les compagnies de grenadiers avaient existé à la Légion de 1832 à leur suppression en février 1868. C'est de leur insigne qu'hérite la Légion. La grenade a une forme évasée à bombe pleine, à sept flammes découpées sans retour. Faute de descriptif précis à l'origine, la forme de la grenade a évolué au fil des ans au gré de l'imagination des uns ou de la fantaisie des autres, avant de se fixer, au bout de soixante-sept ans, en 1946, dans un dessin qui peut être considéré aujourd'hui comme définitif.
Mises à part les grenades d'uniformes portées au képi, au collet des tuniques, puis aux écussons, l'évolution s'est effectuée de façon si fantaisiste qu'il est pratiquement impossible d'en dégager une loi. Il n'y a pas de type intermédiaire précis entre la (ou les) grenades d'origine et celle, qui, adoptée en 1946, est encore portée de nos jours.
Les seules constantes de cette évolution sont ses deux composantes :
- la bombe qui a conservé son nom,
- les flammes qui sont celles de la mèche du détonateur.
La bombe n'a cessé de changer de volume et, de pleine au début, est devenue creuse pour permettre d'y inscrire le numéro du régiment.
Quant aux flammes, elles ont aussi varié en nombre et en forme avant de se fixer à sept, dont deux en retour, pour des raisons difficiles à cerner.
Cette grenade, en tant que marque distinctive de la Légion se retrouve partout dans l'ordre légionnaire :
- dans l'uniforme : aux képis, aux bérets, aux casques, au collet, aux écussons, sur les pattes d'épaule, et, autrefois, aux médaillons de ceinturons,
- en tant qu'ornement traditionnel : sur les fanions, sur les tabliers de tambour et les flammes de clairon ou de trompette, sur les insignes, et même pour marquer les véhicules,
- en tant que graphisme symbolique : sur les monuments et les stèles, sur certains documents officiels, sur des reliures, sur les journaux et de nombreux documents imprimés …
Unie avec le képi blanc et les épaulettes, elle représente aujourd'hui, officiellement le logo de la Légion Etrangère.
Texte tiré de : "Monsieur Légionnaire"