L'instauration des traditions.
Il existe depuis longtemps un facteur qui sert de ciment à la Légion et grâce auquel les jeunes sont bien incorporé, il s'agit des ANCIENS.
Au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale, ce lien est en forte diminution. L'intégration des jeunes est d'autant plus délicate que ceux-ci ont souvent des idées qui les rendent assez imperméables à l'assimilation.
Il devient donc nécessaire, voire urgent, de (re)trouver des valeurs qui vont palier ce problème et créer une cohésion. Rollet, mais aussi beaucoup d'autres officiers en sont conscients.
La "chasse aux traditions" est ouverte. Des traditions qui permettent une transmission dans le temps des valeurs qui ont fait, qui font et qui feront la Légion.
Il existe bien des pratiques anciennes mais plus grand monde ne s'en souvient. La Légion a aussi perdu son uniforme spécifique.
C'est le premier signe distinctif que le commandement de la Légion voudrait voir revenir … d'autant que les légionnaires sont attachés à cette différence.
Au travers de cet uniforme, c'est déjà une image qui pourrait être donnée. Les légionnaires sont d'autant plus intéressés qu'ils se veulent élégants en dehors des manœuvres.
Avec la perte de son uniforme, la Légion perd aussi le képi et les épaulettes verte et rouge en 1915, la ceinture bleue dans la foulée et, vers 1917, les boutons marqués d'une grenade à 7flammes.
En 1850, la Légion était dotée d'un képi avec coiffe blanche. Quand, vers 1922, des képis sont à nouveau distribués au Maroc, ils sont de couleur kaki. Les légionnaires s'efforcent de les blanchir, en souvenir de la vieille Légion … le
képi blanc s'installe.Sur ce, Rollet après avoir insisté pendant deux ans obtient que la Légion porte à nouveau le képi, le 18 juin 1926 … elle est le seul corps. Une seule ombre à ce tableau, le képi réglementaire autorisé est rouge, comme avant la 1ère Guerre Mondiale.
De son temps, la couleur blanche posa des problèmes en opération … quelle belle cible! D'où le passage à la couleur kaki. A force de bras de fer avec leurs chefs, les légionnaires imposèrent doucement le blanc qui devint légitime sinon officiel au défilé du 14 juillet 1939 où la Légion défile couverte de blanc.
Les
épaulettes vertes et rouges font leur retour en novembre 1930 et la ceinture bleue en 1931 … le centenaire se fait donc avec une tenue de (jeune) tradition.La ceinture bleue et ses 2,50 mètres ne forment pas un objet esthétique des plus pratique !
A ces éléments esthétiques de la tradition légionnaire, il manque ce qui sera, et est aujourd'hui, le plus important : un fête.
Deux dates viennent à l'esprit, même à l'époque : le 10 mars, date de création de la Légion et le 30 avril, date du fameux combat de Camerone. La première n'est connue que par une poignée de gens alors que le 30 avril, ou au moins le nom de Camerone est connu même du grand public comme la capacité de la Légion à des sacrifices et des exploits hors du commun. Cette date sera donc officialisée avec la commémoration des 100 ans de la Légion, le 30 avril 1931.
Ca jour-là, le défilé est ouvert par les sapeurs barbus équipés de leurs tabliers de cuir et de leurs haches à l'épaule. C'est le renouveau d'une autre tradition qui était en vigueur avant 1870, les sapeurs ayant été créés par Bernelle en Espagne.
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